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Les pertes de cheptel

Notre enquête annuelle sur les pertes de ruches au cours de l'hiver nous permet de suivre la situation du "cheptel apicole alsacien" et d'observer l'influence de certains paramètres sur les chances de survie des ruches à l'hiver.

Les surmortalités du cheptel apicole, constatées en Europe lors de ces dernières années, ont également touché l'Alsace. Pourtant, la situation s'est globalement améliorée ces dernières années. Le tableau ci-dessous résume les pertes hivernales enregistrées en Alsace (moyennes régionales et intervalles de confiances). Il n'y a pas, en Alsace, de phénomène de "CDD" (Colony Collapse Disorder, phénomène décrit aux Etats-Unis en 2006). 

 

Le pourcentage de pertes inclut les ruches mortes et les non-valeurs, c’est à dire les colonies malades, bourdonneuses ou trop faibles pour repartir durant la saison.

Ces moyennes cachent les écarts existant entre les ruchers. En effet, de nombreux paramètres influencent les pertes hivernales (climat, récoltes de l’année, ressources disponibles à l’automne, maladies et parasites présents, pratiques apicoles ...).

Nous retrouvons via les enquêtes des résultats qui soulignent l’importance du « facteur Varroa »:

  • Le médicament anti-Varroa Apivar® est associé aux meilleurs taux de survie des colonies.
  • Les traitements anti-Varoa les plus précoces sont associés aux meilleurs taux de survie des colonies.

 

Pour plus de détails, lire les bilans des enquêtes :

Nous vous renvoyons également à l'enquête nationale de l'ITSAP pour des conclusions plus détaillées (rubrique Enquête sur les pertes hivernales).

Pour résumer, rappelons l'essentiel des actions à mener pour s'assurer un bon démarrage au printemps prochain : hiverner des colonies fortes, correctement déparasitées (suffisamment tôt et à l'aide de médicaments efficaces), sur un rucher judicieusement choisit (site abrité de l'humidité et du vent, exposé au soleil et à proximité de ressources tardives et précoces).

Les scientifiques pointent l’origine multifactorielle de ce phénomène, dont les principaux facteurs connus sont : les maladies, les produits chimiques, les facteurs environnementaux  et certaines (mauvaises) pratiques apicoles. L’interaction de ces différents facteurs en aggrave leurs conséquences respectives.

  • les maladies. Nous assistons depuis plusieurs années, y compris en apiculture, à une mondialisation des parasites et des agents pathogènes. Sont ainsi apparus en Europe Varroa destructor, Vespa velutina, Nosema ceranae et de nombreux virus (liste non exhaustive), qui viennent compléter la liste des agents pathogènes habituels. Le Varroa, par exemple, est considéré par la plupart des apiculteurs comme leur « pire ennemi », du fait du double effet de sa prédation parasitaire et des contaminations infectieuses qu’il favorise (il abaisse les défenses immunitaires et inocule des virus). La maîtrise de ce parasite, malheureusement présent dans chacune de nos ruches, est pourtant bien délicate : les acaricides utilisés ne pas toujours bien adaptés ni bien appliqués à nos colonies (ils constituent en outre la principale source de contamination dans nos ruches).
  • les produits chimiques (pesticides), peuvent entraîner deux types d’intoxications :
    • Intoxications aiguës  en cas « d’accident », par exemple lors de l’application d’un traitement en présence d’abeilles sur la parcelle ou à proximité. Les butineuses touchées peuvent ne pas retourner à la ruche ou être retrouvées mortes devant la ruche.  Pas de cas récents en Alsace. Un cas en 2008, dans le Bade-Wurtemberg, lors des semis de Poncho® (clothianidine) réalisés avec du matériel inadapté (semoirs et enrobages non conformes), qui entraîna la mort de plus de 12 000 colonies.
    • Intoxications chroniques : pollutions diffuses, qui s’accumulent et interagissent. Risques d’effets sublétaux, c’est à dire de troubles comportementaux (réflexes, orientation, capacité de retour à la ruche), de troubles physiologiques (stress énergétique, paralysie, incapacité de vol) ou encore d’affaiblissement du système immunitaire de l’abeille.
  • les facteurs environnementaux : perturbations de l’alimentation de l’abeille. Les pertes de biodiversité végétale liées à la simplification des milieux entraînent une baisse des apports nutritifs, à la fois en quantité (périodes de disette entre deux miellées) et en qualité (carences nutritives pour certains acides aminées), alors même que les besoins sont accrus (par le stress énergétique dû aux pathogènes). Par exemple, les études du Pr. Jacobs ont montré la pauvreté du pollen de maïs en mettant en évidence la baisse de la durée de vie des abeilles élevées à partir de bouillies larvaires composées de pollen de maïs.
  • certaines pratiques apicoles, tels que des transhumances, des élevages de reines, la constitution d’essaims, etc. peuvent être réalisées dans des conditions éprouvantes pour les colonies. Cela n’est pas le cas pour tout le monde, mais cela reste une réalité de terrain. Citons également des manquements à la prophylaxie, l’utilisation de produits non homologués pour traiter le Varroa et l’accumulation dans la ruche de produits de traitements contre les pathogènes (dont certains ont une action larvicide comme quelques produits maintenant interdits, mais aussi le thymol, utilisé en « Bio »).  Enfin, certaines zones géographiques font l’objet d’une « pression apicole » importante, mettant en compétition plusieurs ruchers pour des ressources parfois faibles. Le cas des miellées de sapin en est caractéristique de cette situation, qui favorise les pillages entre ruches et la dispersion des maladies.

La recherche investigue actuellement les problèmes liés aux intoxications diffuses et aux interactions entre les différents facteurs précédemment cités. Pour aller plus loin, vous pouvez lire à ce sujet :

« Iridovirus and Microsporidian Linked to Honey Bee Colony Decline » J.J. Bromenshenk et al., PloS ONE (2010) ou encore  « Interactions between Nosema microspores and a neonicotinoid weaken honeybees », C. Alaux et al. , in Environmental Microbiology (2009).

Mise à jour le 13/04/2017

Enquête pertes hivernales 2016/2017

Comme chaque année, tenez-nous informés de l’état de vos ruches à la sortie de l’hiver !

Merci de compléter notre questionnaire au plus tard pour le 15 mai :

Soit en remplissant ce formulaire en ligne (solution à privilégier) :

https://survey2.uni-graz.at/671972/lang-fr

Soit par e-mail ou courrier, en utilisant le questionnaire « papier » disponible ici :

Formulaire à compléter directement sur votre ordinateur et à renvoyer par e-mail à a.ballis@alsace.chambagri.fr

Formulaire à imprimer et à renvoyer à Alexis BALLIS - Chambre d'Agriculture d'Alsace - Espace Européen de l'Entreprise - 2 rue de Rome - CS 30022 Schiltigheim - 67013 STRASBOURG Cedex.

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